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    INTERVIEW: Charleroi FaceB

 

On te rencontre dans le cadre de notre rubrique « Ils font bouger Charleroi ». Toi, est-ce que tu trouves que Charleroi bouge ?

J’ai un avis mitigé. Vu de l’extérieur, en tant que spectateur je veux dire, j’ai l’impression que Charleroi tourne en rond. Certes, il y a un public qui se déplace entre les différents lieux culturels, mais chaque structure garde son identité propre. Le Vecteur, c’est bien, mais ça reste le Vecteur. Idem pour l’Eden par exemple. Le noyau organisateur, les responsables, eux restent peu mobiles. Je trouve ça un peu dommage, dans une petite ville comme Charleroi.

Il paraît que tu fais bouger Charleroi en habillant l’espace public. Tu nous expliques ?

Je fais de l’art urbain. J’investis les endroits que je trouve moches et j’essaie de les embellir à ma manière. Je dépose des oeuvres anonymes et je mets les gens devant le fait accompli pour les interpeller. Naïvement, j’attends un retour, que d’autres personnes ou artistes investissent les

lieux abandonnés, laissés pour compte… Après, il y en a qui passent 50 fois devant et qui ne remarquent rien, et d’autres qui sont touchés. En tant qu’artiste, si je peux égayer la ville et faire bouger les autres, pourquoi ne pas essayer ? Tous les jours, tu vois la même chose… Et puis, un jour, quelque chose a changé ! Avec peu de moyens, tu bouleverses le quotidien et tu peux rendre les gens heureux.

Elle te vient d’où, cette idée ?

J’ai vraiment commencé à créer à l’âge de 30 ans. J’ai commencé par emmerder les politiciens en faisant une fausse campagne pendant la période électorale. Puis j’ai investi une station service désaffectée, à Luttres. J’ai collé des dessins sur la vitrine, et je venais régulièrement les remplacer par d’autres. En 2006, à l’occasion de « Code 0110 » – à l’initiative de Tom Barman – il y avait des concerts gratuits contre l’extrême droite, notamment à  Charleroi, et j’ai eu envie de faire quelque chose, en

plus des événements musicaux. J’ai pris contact avec le propriétaire du terril de la Blanchisserie (NDLR : sur la route de Mons, vers Marchienne), j’ai escaladé le terril et y ai planté 12 grandes colombes stylisées. Elles ont tenu deux mois avant d’être vandalisées. Plus récemment, j’ai égayé le rond-point entre la route de Mons et la route latérale avec des animaux que j’avais dessinés. Ils sont restés là pendant 5 semaines et là, j’ai eu des retours, des gens qui me disaient qu’ils avaient apprécié l’initiative, et même un article dans Charleroi magazine…

En quelque sorte, ton art urbain, c’est de la désobéissance civile, non ?

Si on veut… C’est vrai que techniquement, faire une fausse campagne politique, c’est interdit, tout comme transformer des lieux publics sans autorisation. Et je le fais ouvertement, je plante mes créations en pleine journée, donc, oui, on peut dire que je fais de la ‘désobéissance civile artistique’.

L’art urbain à Charleroi, c’est comme une évidence ?

Charleroi, je trouve ça marrant. Tout le monde dit que c’est moche, tout le monde a peur. Moi, je la trouve magique, cette ville ! En 5 minutes, tu peux être à la campagne, comme tu peux être sur un terril avec vue sur l’industrie. Les gens sont plus sympas et authentiques ici qu’à Bruxelles, et je préfère Charleroi à Namur, qui est trop propre, trop impersonnelle. Et puis, c’est la ville où je vis et travaille, c’est ici que je viens boire des verres, donc c’est normal que j’investisse les lieux ici.

A côté de ça, tu as des expos plus ‘classiques’ avec notamment, une série sur l’ ‘Art Chrétien’. Pourquoi cet intérêt pour la chrétienté ?

C’est plutôt dû au hasard. J’ai habité un moment près de la Place du Jeu de Balle, dans les Marolles à Bruxelles, et j’avais l’habitude de faire la fin du marché aux puces, pour récupérer les trucs que les gens n’achètent pas et dont les brocanteurs ne veulent plus. Et en fait, dans les invendus, ça pullule de crucifix et de statues chrétiennes. C’est là que j’ai commencé ma collection.

Faut-il voir dans cette manière de détourner la Trinité, une revanche sur une éducation judéo-chrétienne ?

Peut-être. C’est vrai que je ne suis allé que dans des écoles catholiques… Mais avant tout, à la base de ma démarche, il y a la création. Ce que j’aime, c’est magnifier les objets à ma manière. Je prends un objet que je trouve moche ou kitsch, et je l’embellis. Quand tu chipotes depuis plus de dix ans avec la chrétienté, tu évolues et tu te dis : « Qu’est-ce que je peux encore faire avec ça ? ». Alors récemment, j’ai récupéré un baby-foot et j’ai remplacé toute l’équipe par des Jésus. J’ai fabriqué un Jésus lance-pierre aussi. Et maintenant, je planche sur un Jésus tire-bouchon. Mais moi, mon boulot, c’est de créer. Je ne suis pas très doué pour défendre mes œuvres, je laisse aux autres le soin de les interpréter.

Pour ton portrait, tu as choisi le terril de la Blanchisserie et le rond-point qui lui fait face. Pour quelle raison?

C’est un peu ma galerie personnelle, mon lieu d’exposition, là où je vais déposer des choses. Il est facile d’accès, le rond-point est large, il y a une bonne visibilité et beaucoup de passage. Et apparemment, personne n’en veut, de cet endroit !
 

Charleroi et toi

- Un bar
La Quille
- Un resto
aucun
- Un endroit pour s’embrasser
e sommet d’un terril
- Un endroit pour créer
les lieux laissés à l’abandon
- Un magasin
‘TROC’ à Jumet, pour me salir les yeux
- Une rue
le quartier de la Ville Basse. Je trouve la Ville Haute plutôt moche. A la Ville Basse, il y a encore des vieux J
- Une saison
 l’été (parce qu’on peut boire un verre en terrasse)
- Une chanson 
une chanson triste à mourir… L’aigle noir ?
- Une boisson:
un Orval
- Un panorama
le sommet du terril de la Blanchisserie
- Un lieu à transformer
la Providence (Marchienne-au-Pont)
- Un film
‘Les convoyeurs attendent’ (ça ne plaît pas aux gens, quand on rappelle le côté glauque de Charleroi)
- Le ‘C’ de Charleroi Charmant !
 

Qui d’autre que toi fait bouger Charleroi ?

Trois personnes ?

Je dirais Nicolas Buissart (Charleroi Adventure),

Michaël Sacchi (Rockerill)

 Pascal Verhulst (Vecteur).

 

Bientôt un nouveau rond-point ! Soyez attentifs

 

 

 

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